Comment créer une entreprise en Allemagne: guide détaillé à l'intention des étrangers
Table des matières
- Quels étrangers peuvent créer une entreprise en Allemagne ?
- Gewerbe ou Freiberufler : quelle est la différence ?
- Quelle forme juridique choisir en Allemagne ?
- Comment choisir la forme juridique de votre entreprise ?
- Comment créer une entreprise en Allemagne ?
- Quels documents sont nécessaires pour un créateur d’entreprise étranger ?
- Combien coûte la création d’une entreprise en Allemagne ?
- Impôts et obligations après l’enregistrement
Les étrangers peuvent exercer une activité commerciale en Allemagne en tant qu'entrepreneurs individuels, associés ou fondateurs d'une société. Découvrez-en davantage sur les formes juridiques, les conditions requises, les coûts et les étapes de l'enregistrement
Le choix de la forme juridique en Allemagne détermine la responsabilité personnelle du fondateur, le montant du capital initial, la fiscalité et la complexité des obligations comptables. Pour une activité indépendante, une « Einzelunternehmen » peut suffire ; une petite start-up opte souvent pour une « UG », tandis qu’une entreprise ayant des projets d’expansion et souhaitant attirer des partenaires choisira une « GmbH ».
La nationalité étrangère n’interdit pas en soi de créer une entreprise en Allemagne. Toutefois, les ressortissants de pays tiers doivent vérifier au cas par cas si leur statut migratoire leur permet d’exercer une activité entrepreneuriale. L’enregistrement d’une société ne confère pas automatiquement un droit de séjour. Dans cet article, nous expliquons qui peut créer une entreprise en Allemagne, quelles sont les différences entre les principales formes juridiques et quelles procédures il faut suivre avant de démarrer son activité.
Dans notre précédent article, nous avons présenté le classement des pays les plus riches du monde en 2026 en fonction de leur PIB.
Toute activité commerciale comporte des risques: impôts, contrats, inspections, conflits avec des partenaires ou des organismes gouvernementaux. Un avocat d'affaires vous aidera à éviter les erreurs critiques et à protéger les intérêts de votre entreprise à chaque étape de son développement.
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Quels étrangers peuvent créer une entreprise en Allemagne ?
Le droit de créer une entreprise et le droit de résider et de travailler personnellement en Allemagne ne sont pas la même chose. Un étranger peut détenir une participation dans une entreprise allemande, mais pour diriger cette entreprise depuis le territoire allemand, il peut avoir besoin d’un titre de séjour approprié.
Les ressortissants de l’Union européenne, d’Islande, du Liechtenstein, de Norvège et de Suisse bénéficient de la liberté d’entreprise. Ils peuvent créer une entreprise et exercer une activité indépendante en Allemagne sans visa d’entrepreneur ni permis de séjour spécifique. Les ressortissants d’autres pays ont généralement besoin d’un permis de séjour pour l’exercice d’une activité indépendante (Aufenthaltserlaubnis zur Ausübung einer selbständigen Tätigkeit).
Si le demandeur prévoit d’exercer une activité commerciale, les autorités allemandes évaluent :
- l'existence d'un intérêt économique ou d'une demande régionale ;
- l'impact positif attendu du projet sur l'économie ;
- la suffisance des fonds propres ou d'un financement justifié ;
- l'expérience du créateur d'entreprise et la viabilité du business plan ;
- l'existence d'une couverture retraite, si le demandeur a plus de 45 ans.
Des critères légèrement différents s'appliquent aux représentants des professions libérales. Ceux-ci doivent justifier le financement de leur activité et, si la profession est réglementée, obtenir l’autorisation requise ou faire reconnaître leurs qualifications.
Un demandeur se trouvant à l’étranger dépose généralement sa demande de visa d’entrepreneur auprès d’une représentation diplomatique allemande. Les ressortissants d’Australie, du Royaume-Uni, d’Israël, du Canada, de Nouvelle-Zélande, de Corée du Sud, des États-Unis et du Japon peuvent entrer en Allemagne sans ce type de visa, mais doivent obtenir un titre de séjour correspondant avant de commencer à travailler.
Pour en savoir plus sur les pays européens où les taux d’imposition des entreprises sont les plus élevés, cliquez sur le lien.
Gewerbe ou Freiberufler : quelle est la différence ?
Avant de choisir une forme juridique, il faut déterminer la nature de l’activité. En Allemagne, les entrepreneurs sont classés en deux catégories : ceux qui exercent une activité commerciale (Gewerbe) et les professions libérales (Freiberufler). Cela a une incidence sur la procédure d’enregistrement, le paiement de la taxe professionnelle et l’adhésion à des organisations professionnelles.
Le « Gewerbe » englobe généralement le commerce, la restauration, la production, les services artisanaux, le commerce électronique et la plupart des autres secteurs commerciaux. Ces activités doivent être enregistrées auprès du « Gewerbeamt » local. Les informations sont ensuite transmises à l’administration fiscale, à la Chambre de commerce et d’industrie (IHK) ou à la Chambre des métiers (HWK), ainsi qu’à d’autres institutions.
Le statut de « Freiberufler » peut être obtenu par les représentants de professions libérales définies par la loi ou assimilées. Parmi celles-ci figurent :
- Les médecins et autres professionnels de santé
- Les avocats, conseillers fiscaux et commissaires aux comptes
- Les ingénieurs et architectes
- Les enseignants et traducteurs
- Les journalistes, écrivains, artistes et certains professionnels créatifs
- Les consultants dans certains domaines professionnels
Un « Freiberufler » n’enregistre pas d’activité commerciale (Gewerbe) auprès des services municipaux, mais signale le début de son activité au service des impôts (Finanzamt) et remplit un formulaire d’enregistrement fiscal. Cette activité n’est pas soumise à la taxe professionnelle (Gewerbesteuer), et l’adhésion obligatoire à la Chambre de commerce et d’industrie (IHK) n’est généralement pas requise. En revanche, pour les professions réglementées, des exigences peuvent s’appliquer concernant l’adhésion à une chambre professionnelle, la reconnaissance d’un diplôme ou l’obtention d’une licence.
Il n’est pas possible de choisir librement le statut de travailleur indépendant uniquement pour bénéficier de conditions plus avantageuses. La décision finale revient au service des impôts (Finanzamt), qui tient compte de la formation, des qualifications et de la nature effective du travail. Par exemple, l’activité d’un spécialiste en informatique, d’un designer ou d’un consultant en gestion peut être classée différemment selon les services spécifiques proposés.
Dans un article précédent, nous avons expliqué comment créer une entreprise en Belgique en 2026.
Quelle forme juridique choisir en Allemagne ?
Il n’existe pas de forme juridique universellement idéale. La décision dépend du nombre de fondateurs, du risque financier, du capital de départ, des exigences des clients et des projets d'expansion. Les structures les plus simples permettent de se lancer plus rapidement, mais ne protègent généralement pas le patrimoine personnel de l'entrepreneur.
Einzelunternehmen : un démarrage simple pour un seul fondateur
L'Einzelunternehmen est une entreprise individuelle sans personnalité juridique distincte. Elle est créée lorsqu'une personne se lance seule dans une activité commerciale ou libérale et ne choisit pas une forme de société telle que l'UG ou la GmbH.
Pour créer une entreprise individuelle, aucun capital social, notaire ou acte constitutif n'est requis. L'entrepreneur commercial s'inscrit auprès du Gewerbeamt, tandis que le professionnel libéral s'adresse directement au Finanzamt. L’inscription au registre du commerce (Handelsregister) n’est généralement pas nécessaire, tant que l’activité, de par son ampleur et son mode d’organisation, n’est pas considérée comme une entreprise commerciale devant être enregistrée en tant qu’e.K.
Le principal risque de cette forme d’entreprise réside dans la responsabilité illimitée. L’entrepreneur répond des contrats, des crédits, des dettes fiscales et des réclamations des clients non seulement sur les actifs de l’entreprise, mais aussi sur ses biens personnels.
L’entreprise individuelle convient aux :
- consultants et experts indépendants
- petits projets en ligne
- artisans et prestataires de services
- entrepreneurs exposés à des risques contractuels et financiers limités
- personnes souhaitant tester un modèle économique sans créer de société
Les bénéfices sont imposés au niveau du propriétaire au titre de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Si l’activité est classée comme « Gewerbe », une « Gewerbesteuer » peut s’appliquer en supplément. Pour les petites entreprises, la comptabilité est généralement plus simple que dans le cas d’une UG ou d’une GmbH ; toutefois, à mesure que le chiffre d’affaires et les risques augmentent, l’absence de responsabilité limitée devient un inconvénient majeur.
GbR : société civile pour deux fondateurs ou plus
La Gesellschaft bürgerlichen Rechts, ou GbR, est constituée par au moins deux personnes physiques ou morales en vue d’une activité commune. Cette forme est souvent utilisée par de petites équipes de consultants, des agences de création, des entreprises familiales et des spécialistes travaillant sur un même projet.
Il n’y a pas de capital social minimum. La loi n’exige pas toujours un contrat écrit, mais il est risqué de se lancer dans une activité commune sans celui-ci. Ce document doit préciser le montant des apports, la répartition des bénéfices, le droit de prendre des décisions, les pouvoirs des associés, les conditions de sortie et les modalités de règlement des conflits.
Si la GbR exerce une activité commerciale, les fondateurs doivent s’enregistrer auprès du Gewerbeamt. Les sociétés de personnes regroupant des professions libérales s’adressent directement au Finanzamt. Une GbR peut également être inscrite au registre spécial des sociétés (Gesellschaftsregister) et porter alors la mention « eGbR ». Pour certaines opérations immobilières, portant sur des parts sociales ou d’autres droits, cette inscription peut s’avérer nécessaire.
Le principal inconvénient de la GbR réside dans la responsabilité personnelle et solidaire. Si la société ne remplit pas ses obligations, le créancier peut exiger le remboursement de la totalité de la dette auprès de n’importe quel associé, même si le problème a été causé par un autre associé.
Il est judicieux d’envisager une GbR lorsque :
- Les fondateurs se connaissent bien
- L’activité ne nécessite pas de crédits importants
- Les risques contractuels et opérationnels restent faibles
- Les associés n’ont pas besoin d’une structure de société
- Tous les associés sont prêts à engager leur patrimoine personnel
Les bénéfices sont généralement répartis entre les associés et imposés à leur niveau. Une GbR commerciale peut être assujettie à la Gewerbesteuer, tandis qu’une société regroupant des professions libérales n’est généralement pas soumise à cet impôt.
UG : société à responsabilité limitée à partir de 1 €
L’Unternehmergesellschaft, ou UG (haftungsbeschränkt), est une variante de la GmbH dont le seuil de capital social est abaissé. Elle est souvent appelée « Mini-GmbH », bien que la dénomination sociale officielle de la société doive obligatoirement comporter la mention « UG (haftungsbeschränkt) ».
Le capital minimum s’élève à 1 € par associé. Il doit être entièrement libéré en numéraire avant le dépôt des documents au registre du commerce (Handelsregister). La création d’une UG par apport en nature, par exemple du matériel, un véhicule ou des droits de propriété intellectuelle, n’est pas autorisée.
La possibilité formelle de créer une société avec quelques euros ne signifie pas qu’un tel montant suffira pour son fonctionnement. Le capital doit couvrir au moins les frais initiaux liés à l’enregistrement, au loyer, aux achats et aux paiements courants. Si la société n’est pas en mesure, dès le départ, de remplir ses obligations, le dirigeant risque de faire l’objet de poursuites pour ne pas avoir réagi à temps à l’insolvabilité.
Pour créer une UG, il faut un acte constitutif certifié par un notaire, un compte d’entreprise et une inscription au Handelsregister. La responsabilité limitée prend pleinement effet après l’enregistrement officiel. Jusqu’à ce moment-là, les fondateurs peuvent être tenus personnellement responsables des contrats signés au nom de la future entreprise.
L’UG est tenue d’affecter 25 % de son bénéfice annuel ajusté à la réserve légale. Lorsque les fonds propres atteignent 25 000 €, les associés peuvent augmenter le capital social et transformer la société en GmbH classique. Il n’y a pas de transformation automatique.
Cette forme convient aux start-ups et aux petites entreprises pour lesquelles la séparation du patrimoine privé des risques commerciaux est importante, mais qui ne disposent pas du capital nécessaire pour une GmbH. Parallèlement, l’UG tient une comptabilité en partie double, établit des comptes annuels et se soumet à pratiquement les mêmes formalités statutaires qu’une GmbH.
GmbH : la forme classique pour se développer
La Gesellschaft mit beschränkter Haftung, ou GmbH, est l’une des formes juridiques les plus répandues en Allemagne. Elle convient aux entreprises qui génèrent un chiffre d’affaires régulier, emploient du personnel, ont conclu des contrats importants ou prévoient de faire appel à des partenaires et à des investisseurs.
Le capital social minimum d’une GmbH s’élève à 25 000 €. Si le capital est apporté en numéraire, il suffit généralement, pour l’enregistrement initial, de verser au moins 12 500 €, en respectant les exigences de libération de chaque part. Le solde n’est pas annulé : les associés conservent l’obligation de le verser à la demande de la société.
La procédure de création comprend :
- La rédaction des statuts ou d’un acte constitutif type
- La certification notariale
- La nomination d’un gérant (Geschäftsführer)
- L’ouverture d’un compte bancaire d’entreprise et le versement du capital
- L’inscription au registre du commerce (Handelsregister)
- Le dépôt de la déclaration d’activité (Gewerbeanmeldung)
- L’inscription au registre fiscal
Une fois inscrite au Handelsregister, la société répond généralement de ses engagements sur ses propres actifs. Toutefois, cela ne constitue pas une protection absolue contre toute réclamation. Les fondateurs ou le dirigeant peuvent engager leur responsabilité personnelle en cas de violation de la loi, de détournement de fonds, de dépôt tardif d’une déclaration d’insolvabilité ou d’octroi de garanties personnelles à une banque.
Par rapport à une entreprise individuelle (Einzelunternehmen) ou à une société civile (GbR), la GmbH implique davantage de coûts et de formalités. La société est tenue de tenir une comptabilité en partie double, d’établir des comptes annuels et de transmettre ses données d’entreprise aux registres compétents. En revanche, cette structure permet de mieux séparer l’activité de l’entreprise des finances personnelles des fondateurs et est généralement mieux comprise par les grands clients, les banques et les investisseurs.
La GmbH est indiquée pour les entreprises présentant des risques financiers ou contractuels élevés, des projets de développement à long terme et un capital de démarrage suffisant.
OHG, KG et AG : des formes juridiques pour des modèles économiques plus complexes
Outre l’Einzelunternehmen, la GbR, l’UG et la GmbH, la législation allemande prévoit des structures de société en nom collectif et des sociétés par actions. Celles-ci nécessitent une gestion plus complexe et sont moins souvent utilisées par les étrangers pour créer leur première petite entreprise.
L’OHG, ou offene Handelsgesellschaft, est constituée d’au moins deux associés pour l’exploitation d’une entreprise commerciale. Il n’y a pas de capital minimum requis, mais tous les associés sont responsables des dettes de la société sur leurs biens personnels. L’OHG est inscrite au registre du commerce (Handelsregister) et les associés participent généralement directement à sa gestion.
La KG, ou Kommanditgesellschaft, compte au moins un associé commandité (Komplementär) à responsabilité illimitée et un associé commanditaire (Kommanditist), dont le risque est limité à son apport enregistré. Ce modèle permet de lever des capitaux sans conférer à tous les investisseurs le droit de diriger l’entreprise.
Une variante courante est la GmbH & Co. KG, dans laquelle l’associé commandité n’est pas une personne physique, mais une GmbH. Cela permet de limiter la responsabilité personnelle, mais crée une structure plus complexe comprenant deux sociétés interdépendantes, des formalités distinctes et des frais administratifs plus élevés.
L’AG, ou Aktiengesellschaft, est destinée aux grands projets et à la levée de capitaux par le biais d’actions. Le capital social minimum s’élève à 50 000 €. La société doit disposer d’un directoire, d’un conseil de surveillance et d’une assemblée générale des actionnaires ; sa création et sa gestion ultérieure sont donc nettement plus complexes que celles d’une GmbH.
L'OHG convient aux associés prêts à assumer personnellement la responsabilité de leur entreprise commune. La KG est utilisée lorsqu'il est nécessaire de distinguer les dirigeants actifs des investisseurs passifs. L'AG est adaptée aux entreprises disposant d'un capital important et d'une structure de propriété complexe, mais elle est généralement surdimensionnée pour les petites entreprises ou les start-ups en phase de démarrage.
Pour en savoir plus sur les 5 meilleurs pays de l’UE pour créer une entreprise physique en 2026, cliquez ici.
Comment choisir la forme juridique de votre entreprise ?
Il ne suffit pas de comparer les formes juridiques uniquement en fonction du montant du capital minimum. Une UG dotée d’un capital de 1 € peut s’avérer plus coûteuse à gérer qu’une Einzelunternehmen, tandis qu’une simple GbR expose ses associés à des risques personnels bien plus importants qu’une GmbH.
Avant l’enregistrement, il convient de répondre à plusieurs questions :
- Combien de personnes créent l’entreprise ?
- Existe-t-il un risque de dettes, de réclamations de clients ou de pertes importantes ?
- De quel capital de départ les fondateurs disposent-ils ?
- L’entreprise prévoit-elle de faire appel à des investisseurs ?
- A-t-elle besoin de crédits, de salariés et de contrats à long terme ?
- Quelle est l’importance de la réputation de l’entreprise auprès des banques et des gros clients ?
- L’entreprise est-elle prête à adopter la comptabilité en partie double et à établir des rapports financiers réguliers ?
- Comment prévoit-on de répartir ou de réinvestir les bénéfices ?
Pour une activité individuelle présentant peu de risques, la forme juridique d’« Einzelunternehmen » suffit généralement. Deux professionnels ou plus peuvent travailler sous le régime d’une « GbR » s’ils comprennent les conséquences de la responsabilité solidaire. L'UG convient aux projets nécessitant une limitation de responsabilité avec un petit budget de démarrage. Il est plus judicieux d'opter pour une GmbH pour les entreprises disposant d'un capital suffisant, de contrats importants et de projets d'expansion.
La forme juridique peut être modifiée après le lancement, mais cette transformation a des répercussions sur les contrats, la fiscalité, la comptabilité et les données d'enregistrement. Il convient donc d’évaluer non seulement le budget actuel, mais aussi ce que l’entreprise pourrait devenir au cours des prochaines années. Le portail allemand dédié aux créateurs d’entreprise recommande de valider le choix final avec un conseiller fiscal ou un avocat.
Dans notre article précédent, nous avons expliqué comment créer une entreprise en République tchèque en 2026 : fiscalité, coûts et guide étape par étape.
Comment créer une entreprise en Allemagne ?
La procédure dépend du type d’activité et de la forme juridique. Une « Einzelunternehmen » peut être lancée sans notaire ni inscription au registre du commerce (« Handelsregister »), tandis que la création d’une « UG » ou d’une « GmbH » nécessite des actes constitutifs, un compte d’entreprise et l’enregistrement de la société.
Les principales étapes sont les suivantes :
1. Vérifier le droit à l’activité indépendante. Les ressortissants de pays tiers doivent s’assurer que leur visa ou leur titre de séjour leur permet d’exercer une activité entrepreneuriale.
2. Déterminer le type d’activité. Il faut vérifier si l’activité relève du « Gewerbe » (activité commerciale) ou des professions libérales. Pour les secteurs réglementés, une licence, la reconnaissance d’un diplôme ou une attestation de qualification professionnelle peuvent être nécessaires.
3. Choisir la forme juridique et la dénomination sociale. Avant d’enregistrer une UG, une GmbH ou toute autre société, il convient de vérifier la dénomination sociale auprès de la Chambre de commerce et d’industrie (IHK) afin qu’elle ne soit pas trompeuse et ne coïncide pas avec une dénomination déjà enregistrée.
4. Préparer les documents constitutifs. Pour les sociétés de personnes, un contrat entre les associés est nécessaire. Les UG et les GmbH établissent des statuts ou un procès-verbal constitutif type contenant les informations relatives aux fondateurs, au capital, aux parts et au gérant.
5. Procéder à la formalisation notariale. Le notaire certifie les documents de l’UG ou de la GmbH et prépare la demande d’inscription au registre du commerce (Handelsregister). Dans les cas courants, une partie de la procédure peut être effectuée à distance via le système allemand de notariat en ligne.
6. Ouvrir un compte d’entreprise et verser le capital. Après l’authentification notariale, les fondateurs versent le capital social. La banque peut demander les documents constitutifs, un justificatif de domicile, des informations sur les propriétaires et l’origine des fonds.
7. Enregistrer la société au registre du commerce (Handelsregister). Le notaire envoie la demande après confirmation du versement du capital. Pour les UG et les GmbH, la limitation de responsabilité ne prend pleinement effet qu’après l’inscription au registre.
8. Déposer une déclaration d’activité (Gewerbeanmeldung). Les activités commerciales sont enregistrées auprès du Gewerbeamt local en même temps que le début de l’activité. L'administration transmet les informations au Finanzamt, à l'IHK ou à la HWK ainsi qu'à d'autres organismes. Les Freiberufler sautent généralement cette étape.
9. Procéder à l'enregistrement fiscal. Via le système ELSTER, il faut soumettre le « Fragebogen zur steuerlichen Erfassung » (questionnaire d'enregistrement fiscal) comprenant les prévisions de revenus, le type d'activité, les coordonnées bancaires et les informations relatives à la TVA. Après vérification, le Finanzamt attribue un numéro d'identification fiscale.
Les personnes morales doivent également vérifier qu’elles respectent les exigences du registre de transparence (Transparenzregister) concernant les bénéficiaires effectifs. Après l’embauche de salariés, il faudra en outre s’inscrire au système d’assurance sociale et se conformer aux exigences de la Berufsgenossenschaft.
Le portail fédéral allemand indique que la déclaration d’activité (Gewerbeanmeldung) peut être déposée en personne, par courrier ou en ligne, si le service numérique correspondant est disponible dans la ville concernée. Si les documents sont correctement remplis, la demande électronique ou écrite est traitée en trois jours environ dans certaines régions.
Dans notre article précédent, nous avons expliqué pourquoi le Portugal est devenu l’une des destinations les plus attractives pour les personnes les plus riches du monde.
Quels documents sont nécessaires pour un créateur d’entreprise étranger ?
La liste des documents dépend de la nationalité, du type d’activité, de la forme juridique et des exigences de la ville concernée. Les formalités sont les plus simples pour les « Einzelunternehmen », tandis que les « UG » et les « GmbH » nécessitent une authentification notariale, une vérification bancaire et une inscription au registre du commerce (« Handelsregister »).
Pour créer une entreprise, les documents suivants peuvent être nécessaires :
- Un passeport en cours de validité ou une carte d’identité nationale
- Un visa ou un titre de séjour autorisant l’activité indépendante
- Un justificatif de domicile et l’adresse légale de l’entreprise
- Le formulaire « Gewerbeanmeldung » dûment rempli
- Une description de l’activité prévue
- Des diplômes, certificats et attestations de qualification
- Une licence professionnelle ou une autorisation pour les activités réglementées
- Un acte constitutif ou des statuts
- La liste des associés et la répartition des parts
- La décision de nomination du directeur général
- La preuve du versement du capital social
- Les documents notariés et la demande d’inscription au registre du commerce (Handelsregister)
- Les informations sur les bénéficiaires effectifs
- Procuration, si l’enregistrement est effectué par un représentant
Pour un visa d’entrepreneur ou un permis d’activité indépendante, il faut en outre préparer un business plan, des prévisions financières, une attestation de fonds propres ou de financement par crédit, le CV du fondateur et des justificatifs d’expérience professionnelle. Les demandeurs âgés de plus de 45 ans peuvent également fournir une attestation de couverture de retraite suffisante.
Les documents rédigés en langue étrangère peuvent nécessiter une traduction en allemand, et certains documents officiels étrangers peuvent nécessiter un apostille ou une légalisation. Il convient de vérifier les exigences spécifiques auprès d’un notaire, du Gewerbeamt, du Finanzamt et de l’Ausländerbehörde locaux avant de déposer les demandes, car l’absence d’un seul justificatif peut bloquer l’ensemble de la procédure.
Pour en savoir plus sur le classement des pays les plus sûrs pour les investisseurs en 2026 , cliquez sur le lien.
Combien coûte la création d’une entreprise en Allemagne ?
Les coûts dépendent de la ville, de la forme juridique, du nombre de fondateurs et de la complexité des documents constitutifs. Les solutions les moins coûteuses sont le statut de Freiberufler ou d’Einzelunternehmen, tandis que pour les UG et les GmbH, il faut prendre en compte les frais de notaire, d’inscription au registre du commerce (Handelsregister) et d’administration de la société.
Les principales dépenses comprennent :
1. L'enregistrement professionnel (Gewerbeanmeldung). Le montant des frais est fixé par la commune. Par exemple, à Hambourg, l'enregistrement coûte 25 €, en Hesse, les frais s'élèvent généralement à 28 €, et dans certaines villes, le montant peut être plus élevé. Pour une GbR, les frais sont parfois facturés à chaque associé.
2. Les frais de notaire. Selon la Chambre fédérale des notaires, les frais de notaire peuvent aller d’environ 105 € pour une UG unipersonnelle avec un acte constitutif standard à environ 630 € pour une GmbH comptant plusieurs associés et dotée de statuts personnalisés. Les frais liés aux documents, aux services postaux et à la TVA sont facturés séparément.
3. Registre du commerce. L’inscription d’une UG, d’une GmbH et d’autres sociétés au registre du commerce est soumise à des frais de greffe. Leur montant dépend de la forme juridique et de la procédure.
4. Capital social. Pour une UG, il commence à partir de 1 € par associé ; pour une GmbH, il s’élève à 25 000 € ; et pour une AG, à 50 000 €.
5. Compte bancaire. Les tarifs dépendent de la banque, de la formule de services et du nombre d’opérations.
6. Accompagnement professionnel. Le budget peut inclure les consultations d’un avocat, d’un conseiller fiscal, d’un traducteur ou d’un Gründungsberater.
7. Licences et autorisations. Les activités réglementées nécessitent des démarches supplémentaires, la reconnaissance des qualifications et le paiement de redevances sectorielles.
Le protocole constitutif type (Musterprotokoll) permet de réduire les coûts de création d’une simple UG ou GmbH. Cependant, il ne convient pas à toutes les entreprises, car il offre des possibilités limitées pour régir les relations entre les associés.
Le capital social n’est pas une redevance administrative. Une fois enregistrée, la société peut utiliser les fonds apportés pour couvrir des besoins opérationnels légitimes, par exemple l’achat d’équipements, le paiement d’un loyer ou la rémunération de prestations de services. En revanche, les fondateurs ne peuvent pas simplement retirer ce capital à des fins personnelles.
Même si l’enregistrement administratif ne coûte que quelques dizaines d’euros, il faut ajouter au budget de démarrage les frais de comptabilité, d’assurance, de siège social, de logiciels ainsi qu’une réserve de fonds pour les premiers mois d’activité. C’est pourquoi le coût réel de lancement dépasse presque toujours les frais officiels.
Dans notre précédent article, nous avons expliqué comment diversifier légalement ses finances dans des juridictions ne faisant pas partie du CRS en 2026.
Impôts et obligations après l’enregistrement
La charge fiscale dépend de la forme juridique, du type d’activité, du montant des bénéfices et du lieu d’enregistrement. Les Einzelunternehmen et les associés d’une GbR sont imposés principalement au titre de personnes physiques, tandis que les UG et les GmbH sont imposées en tant que sociétés distinctes.
Principaux impôts applicables aux entreprises :
1. Einkommensteuer. Les bénéfices des entreprises individuelles, des travailleurs indépendants et des associés de sociétés de personnes sont intégrés à leur revenu imposable personnel. Le taux est progressif.
2. Impôt sur les sociétés (Körperschaftsteuer). Les UG, GmbH et AG paient l’impôt sur les sociétés au taux de 15 %. À ce montant s’ajoute la contribution de solidarité (Solidaritätszuschlag), ce qui porte le taux global, y compris la taxe sur le chiffre d’affaires, à environ 15,83 %.
3. Taxe professionnelle (Gewerbesteuer). Les entreprises commerciales paient la taxe professionnelle, dont le montant dépend du coefficient municipal. Pour les entreprises individuelles et les sociétés de personnes, un seuil d’exonération de 24 500 € de bénéfice commercial annuel s’applique. Les UG et les GmbH ne bénéficient pas d’un tel seuil.
4. Taxe sur le chiffre d’affaires. Le taux standard de la TVA est de 19 %, tandis qu’un taux de 7 % s’applique à certains biens et services. Certaines opérations, notamment certains services médicaux ou financiers, peuvent être exonérées de TVA.
Les petites entreprises peuvent bénéficier du régime des « Kleinunternehmer ». À partir de 2025, ce régime est accessible si le chiffre d’affaires de l’année civile précédente n’a pas dépassé 25 000 €, et s’il ne dépasse pas 100 000 € au cours de l’année en cours. Pour les nouvelles entreprises, le seuil de 25 000 € s’applique l’année de leur création. Dès que ce seuil est dépassé, l’exonération de TVA prend fin pour les opérations ayant dépassé la limite. Le « Kleinunternehmer » ne facture pas la TVA à ses clients, mais ne peut pas non plus récupérer la TVA en amont.
Après son enregistrement, l’entrepreneur doit également :
- Tenir une comptabilité et une comptabilité fiscale
- Conserver les factures, les contrats et les pièces justificatives
- Déposer des déclarations et verser des acomptes d’impôt
- Souscrire une assurance maladie obligatoire
- Se conformer aux exigences de l’IHK, de la HWK ou de l’ordre professionnel
- Déposer des comptes annuels, si la forme juridique l’exige
- Déclarer ses salariés et verser les impôts et les cotisations sociales
- Contrôler la durée de validité des licences et des autorisations professionnelles
Les UG et les GmbH sont soumises à des exigences comptables plus complexes que les Einzelunternehmen. Elles tiennent une comptabilité en partie double, établissent un bilan et des comptes annuels. C'est pourquoi il faut tenir compte des frais liés à un conseiller fiscal dès le choix de la forme juridique, et non après avoir reçu le premier courrier du Finanzamt.
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Questions
fréquemment posées
Est-il possible de créer une société sans résider en Allemagne?
1 € suffit-il pour enregistrer une UG?
En quoi une « Einzelunternehmen » diffère-t-elle d’un « Freiberufler »?
Combien de temps prend l’enregistrement d’une GmbH?
La création d’une société donne-t-elle droit à un titre de séjour?
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